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Les plus grandes erreurs que j'ai faites en voulant aider les autres


Pendant longtemps, j'ai cru qu'aider était toujours une qualité.

Plus j'étais disponible, plus je pensais être une bonne professionnelle.

Plus je disais oui, plus j'avais l'impression d'être utile.

Plus je prenais de responsabilités qui ne m'appartenaient pas, plus je me convainquais que je faisais bien mon travail.


Avec le recul, je réalise que certaines de mes plus grandes erreurs professionnelles ne sont pas nées d'un manque de compétences.


Elles sont nées d'une bonne intention.

Je voulais aider.

Et c'est précisément ce qui rend cette réflexion inconfortable.

Parce qu'on parle très rarement des dérives du service.

On nous encourage à être disponibles, réactifs, investis, généreux. On nous explique qu'un bon professionnel est celui qui dépasse les attentes de ses clients. Celui qui trouve toujours une solution. Celui qui ne compte pas ses heures. Celui qui fait un effort supplémentaire.


Pendant longtemps, j'ai construit mon métier autour de cette vision.


Je pensais sincèrement que servir signifiait porter.

Je me trompais.

Je me souviens de collaborations où je voulais tellement que le client réussisse que je finissais par travailler davantage que lui.

Je réfléchissais à sa place.

J'anticipais toutes ses décisions.

Je rattrapais son manque d'organisation.

Je compensais son absence de cadre.

Je faisais les relances qu'il aurait dû faire lui-même.

Je prenais des initiatives qui dépassaient largement ma mission.

Sur le moment, cela me semblait normal.

Je pensais être professionnelle.


En réalité, j'étais en train de créer une dépendance.


Le problème, c'est que lorsqu'on porte constamment quelqu'un, on finit par l'empêcher de marcher seul.

Et cette réalité dépasse largement le métier d'assistante virtuelle.

Je l'ai retrouvée chez des entrepreneurs, des managers, des responsables d'équipe et même dans certaines relations personnelles.


Nous confondons souvent aide et substitution. Nous croyons soutenir quelqu'un alors que nous prenons progressivement sa responsabilité.


Au début, cela fonctionne.

Le client est satisfait. Il se sent accompagné. La collaboration paraît fluide.

Puis quelque chose change.

Les demandes augmentent.

Les limites disparaissent.

Ce qui relevait de l'exception devient une habitude.

Et un jour, nous avons le sentiment d'être exploités.

Nous parlons alors de client difficile.

Parfois même de client toxique

Pourtant, la réalité est souvent plus nuancée.

Bien sûr, certains clients sont réellement irrespectueux.

Ils existent.

Mais beaucoup d'autres se sont simplement adaptés au fonctionnement que nous avons installé.

Lorsque tu réponds systématiquement le soir, ton client finit par penser que c'est normal.

Lorsque tu acceptes chaque urgence, il finit par croire que tout est urgent.

Lorsque tu prends constamment des responsabilités qui ne t'appartiennent pas, il cesse progressivement de distinguer ce qui relève de lui et ce qui relève de toi.

Ce glissement est presque imperceptible.

Il ne se produit pas en une journée.

Il s'installe doucement.

Et lorsqu'on s'en rend compte, il est souvent déjà bien ancré.


Avec les années, j'ai compris une chose essentielle.

Aider n'a jamais signifié sauver.


Un entrepreneur n'a pas besoin que son assistante virtuelle porte son entreprise.

Il a besoin qu'elle apporte de la clarté, de la structure, du discernement et un véritable soutien dans son périmètre de responsabilité.

La différence est immense.

Parce qu'une professionnelle qui veut sauver son client finit toujours par s'épuiser.


Une professionnelle qui cherche à construire une collaboration saine protège autant son client qu'elle se protège elle-même.


Cette prise de conscience a profondément changé ma manière de travailler.

J'ai appris à poser des limites sans culpabiliser.

J'ai appris à dire qu'une demande sortait du cadre de notre collaboration.

J'ai appris à distinguer ce qui relevait de ma mission et ce qui appartenait au dirigeant.

Étrangement, ces limites n'ont pas détérioré mes collaborations.

Elles les ont améliorées.

Parce qu'un cadre clair rassure davantage qu'une disponibilité permanente.


Depuis la création de DONE Assistance Virtuelle, cette conviction s'est renforcée.


Les collaborations qui durent ne sont pas celles où l'assistante virtuelle accepte tout.

Ce sont celles où chacun connaît précisément son rôle.

L'entrepreneur reste responsable de son entreprise.

L'assistante reste responsable de sa mission.

Et cette frontière, loin de créer de la distance, permet une véritable confiance.

Je crois également que cette erreur est fréquente chez les personnes qui aiment profondément servir.


Nous pensons parfois que poser une limite est un manque de générosité.


Je crois aujourd'hui exactement l'inverse.

Une limite bien posée protège la relation.

Elle évite les frustrations silencieuses.

Elle empêche les attentes implicites de remplacer les engagements clairs.

Elle permet à chacun d'assumer ses responsabilités.


Ma foi a également fait évoluer mon regard sur cette question.


Pendant longtemps, je pensais que servir signifiait toujours donner davantage.

Aujourd'hui, je crois que servir avec sagesse demande aussi du discernement.

Le discernement de savoir quand aider.

Le discernement de savoir quand laisser l'autre assumer ce qui lui appartient.

Le discernement de comprendre que porter constamment quelqu'un n'est pas toujours un acte d'amour.

C'est parfois une manière de retarder sa propre croissance.

Avec le recul, je ne regrette pas d'avoir voulu aider.

Je regrette simplement de ne pas avoir compris plus tôt qu'on peut aider quelqu'un tout en respectant ses responsabilités.


Cette nuance a changé ma façon de travailler.


Elle a changé ma façon de diriger.

Elle a changé ma façon d'accompagner.

Et elle a probablement rendu mes collaborations beaucoup plus solides.

Parce qu'au fond, les plus grandes erreurs que j'ai faites n'étaient pas motivées par un manque de professionnalisme.

Elles étaient motivées par un excès de bonnes intentions.

Et les bonnes intentions, lorsqu'elles ne sont pas soutenues par un cadre clair, finissent parfois par produire exactement l'inverse de ce que l'on voulait construire.


Si cet article résonne particulièrement avec toi, réserve ton audit stratégique DONE.

Parfois, ce qui épuise le plus un entrepreneur ou une assistante virtuelle, ce n'est pas le travail. C'est le poids de responsabilités qui n'ont jamais été les siennes.


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